Dans les années 1990, une association locale met en place un projet de valorisation patrimoniale de la ligne ferroviaire reliant Sézanne à Esternay. Ce projet prend le nom de Chemin de fer touristique de la Traconne.
L’objectif est de faire circuler un train touristique sur une section de ligne encore existante mais déjà peu utilisée pour le trafic ferroviaire régulier.
Les circulations sont assurées avec un autorail X3800, surnommé « Picasso », qui permet pendant plusieurs années de maintenir une petite activité ferroviaire supplémentaire sur cette partie de la ligne.
Construit à partir des années 1950, ce type d’autorail est l’un des matériels les plus emblématiques du patrimoine ferroviaire français. Il a longtemps été utilisé sur les lignes secondaires pour assurer des services voyageurs dans les zones rurales.
L’utilisation de ce matériel contribue à donner au projet une dimension patrimoniale et historique. Le train circule entre Sézanne et Esternay sur une distance d’environ 16 kilomètres.
Le parcours traverse notamment le tunnel de Vindey et la halte du Meix-Saint-Époing.
Cette section permet de découvrir les paysages du sud-ouest marnais et rappelle le rôle que jouaient autrefois ces lignes secondaires dans l’organisation des transports locaux.
Elle s’inscrit dans une dynamique observée dans plusieurs régions françaises où des associations cherchent à préserver des lignes secondaires menacées de fermeture.
Malgré l’intérêt patrimonial du projet, l’exploitation touristique ne parvient pas à se maintenir durablement. Les circulations cessent progressivement à la suite de difficultés d’exploitation et d’actes de vandalisme.
Le Chemin de fer touristique de la Traconne constitue aujourd’hui un épisode marquant de l’histoire ferroviaire récente du territoire.
Il témoigne de l’intérêt patrimonial suscité par les lignes secondaires, de la mobilisation associative pour préserver ces infrastructures et des difficultés rencontrées pour maintenir durablement ces activités.